Quand on crée une boutique en ligne ou un site internet, on ne possède pas ses propres ordinateurs pour stocker les données. On fait appel à un hébergeur : une entreprise qui possède de grands centres de données et qui loue de l’espace de stockage. Les “data centers”, comme on les appelle, sont d’immenses bâtiments remplis de milliers d’ordinateurs qui traitent les informations 24h/24.
Des machines qui posent un double problème énergétique. D’abord, elles consomment beaucoup d’électricité pour fonctionner. Ensuite, elles génèrent énormément de chaleur en travaillant sans arrêt. Cette chaleur doit être évacuée, sinon les machines surchauffent et s’arrêtent. Il faut donc de puissants systèmes de refroidissement qui, eux aussi, consomment de l’électricité. Au total, un centre de données moyen consomme autant qu’une petite ville.

Héberger sa plateforme chez un acteur européen “vert” ?
Le choix de cet hébergeur détermine directement l’impact environnemental de la plateforme. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est l’hébergeur qui décide comment refroidir ses machines, quelle énergie utiliser, comment gérer l’espace de stockage. Forcément, une boutique Shopify hébergée chez un acteur qui utilise du charbon pollue beaucoup plus que la même boutique hébergée chez un acteur qui utilise de l’éolien !
L’Europe a mis en place des règles environnementales parmi les plus strictes au monde pour ces hébergeurs. Prenons l’exemple d’OVH, premier hébergeur européen par la taille. À Roubaix par exemple, dans le nord de la France, l’entreprise gère 125 000 serveurs répartis sur neuf bâtiments. Mais pas que, à Marseille, Strasbourg, Paris, Gravelines, Bordeaux, etc. En tout, 450 000 serveurs dans le monde.
OVH doit rentrer dans les clous imposés par l’Union européenne. D’abord, l’entreprise doit obtenir un petit paquet de certifications. Dont la norme ISO 14001, par exemple, qui impose de mesurer la consommation d’énergie, de réduire les déchets, d’améliorer constamment ses pratiques, etc. Ensuite, l’Europe oblige les hébergeurs à publier leur empreinte carbone. Cela veut tout simplement dire qu’OVH doit annoncer publiquement combien de CO2 ses centres de données émettent chaque année.
C’est ce qui fait que de nombreuses sociétés font appel à l’hébergeur français. Des secteurs les plus évidents… aux plus inattendus. C’est le cas par exemple des casinos en ligne. Ce sont ces plateformes web et mobiles qui proposent les mêmes jeux que les casinos physiques.
Tables de poker en direct, machines à sous, roulette, tournois de jeux de carte en tous genres, etc. Il faut d’excellents serveurs à ces opérateurs pour ne pas décevoir leurs clients ! Eux qui préfèrent jouer depuis leur canapé, plutôt que de se déplacer à Biarritz, Deauville ou Monaco. Si vous finissez avec de beaux gains à un mini-tournoi de poker le samedi soir sur le meilleur casino en ligne français, rappelez-vous que cela a été possible (en partie) grâce à un hébergeur vert européen…
Ce n’est pas la nationalité française d’OVH qui compte, mais le fait qu’en Europe, les hébergeurs n’ont pas le choix : ils doivent devenir verts ou payer très cher.
Demander à son hébergeur d’activer les outils de stockage intelligent
C’est la deuxième option que vous pouvez activer pour diminuer l’empreinte carbone de votre plateforme en ligne. En effet, le problème vient des habitudes. Les utilisateurs ont tendance à garder tous leurs emails depuis dix ans, y compris les newsletters jamais lues. Les entreprises accumulent des fichiers “au cas où”.
On estime que 70% des données stockées dans le monde ne sont jamais consultées après leur création. Ces données occupent de l’espace sur les serveurs qui consomment de l’électricité pour les garder accessibles en permanence.
La déduplication
Le principe de la déduplication est simple : quand 100 personnes reçoivent le même email avec une pièce jointe de 5 Mo, faut-il vraiment stocker 100 fois cette pièce jointe ? Avant, oui. Le serveur gardait 100 copies identiques : 500 Mo au total. Maintenant, le serveur stocke le fichier une seule fois et crée 100 liens vers celui-ci : 5 Mo au total.
La compression
Avec la compression, vos fichiers vont subir une sorte de défragmentation pour occuper bien moins de place. Le principe de la valise bien rangée veut qu’une photo de 10 Mo peut être “compressée” pour occuper jusqu’à 2 Mo sans perte visible de qualité. C’est le même contenu, mais avec cinq fois moins d’espace. Cette compression se fait automatiquement chez les hébergeurs d’aujourd’hui.
Le stockage froid
Il y a également une option que vous pouvez activer. Elle concerne les vieilles données qu’on doit garder (pour des raisons légales) mais qu’on ne consulte presque jamais. L’archivage automatique les déplace vers un stockage “froid” : le vocable fait référence à des serveurs non connectés, qui consomment par conséquent 10 fois moins d’énergie. Les emails de 2015 restent accessibles si besoin, mais leur conservation coûte beaucoup moins cher en électricité.
Ces outils existent à travers des logiciels comme Veeam Backup & Replication. Il y en a d’autres, mais leur point commun est qu’ils gèrent tout cela sans trop d’intervention manuelle. Il suffit de demander à son hébergeur d’activer ces fonctions. La plupart des hébergeurs européens les proposent aujourd’hui, car comme nous l’avons évoqué, la réglementation européenne oblige les grandes plateformes à mesurer et réduire leur empreinte carbone. L’outil fonctionne autant avec l’hébergeur OVH qu’avec Amazon Web Services.
Vérifier que sa formule d’hébergement s’adapte à l’activité réelle
Bonne nouvelle : si vous avez une boutique en ligne sur Shopify, WooCommerce ou PrestaShop, ou un site vitrine classique, vous utilisez probablement déjà un hébergement qui s’adapte automatiquement. Ces plateformes fonctionnent en “mode cloud”. Cela signifie que vous payez selon votre utilisation réelle, pas pour des serveurs fixes qui tournent à vide.
Cela mérite clarification. Prenons l’exemple d’une PME du Gard qui vend des produits artisanaux en ligne. Elle a deux options principales.
Option 1. Elle loue un serveur dédié ou un “serveur virtuel” chez son hébergeur. Elle paie 150€ par mois pour une puissance capable de gérer 10 000 visiteurs simultanés. Le problème ? Son site reçoit réellement 10 000 visiteurs uniquement trois jours par an (Black Friday, soldes, Noël). Le reste du temps, elle a 500 visiteurs par jour. Elle paie donc toute l’année pour une puissance qu’elle n’utilise que trois jours. C’est comme louer un camion de déménagement tous les jours… alors qu’on ne déménage qu’une fois par an.
Option 2. Elle choisit une offre “cloud” chez le même hébergeur. Elle paie selon son trafic réel : 30 euros par mois en temps normal, 200 euros les trois jours de pic. Sur l’année, elle économise largement plus de 1000 euros. Et surtout, elle ne consomme de l’électricité que pour ce qu’elle utilise vraiment.
Dans la pratique, comment savoir si on a déjà cette formule adaptative ? Il suffit de regarder sa facture d’hébergement. Si le montant varie d’un mois à l’autre selon l’activité du site, c’est déjà bon signe. Si c’est toujours le même prix quelle que soit l’activité, il y a un problème de gaspillage.
Chez OVH, par exemple, la formule s’appelle “Public Cloud” et démarre à partir de quelques euros par mois pour un petit site. Amazon propose “AWS Lightsail” pour les PME . Même les petits hébergeurs français comme O2Switch ou Infomaniak proposent maintenant ces formules adaptatives.
Ce qui fait que pour une PME qui a encore ses propres serveurs dans un placard (oui, cela existe encore), la migration vers ce type d’hébergement prend généralement une demi-journée avec l’aide du service technique de l’hébergeur. Pas besoin de refaire le site, juste de déplacer les fichiers et la base de données. La plupart des hébergeurs proposent même de faire cette migration gratuitement pour attirer de nouveaux clients.
L’impact est immédiat. Multiplié par des milliers de PME, cette simple décision représente des économies d’énergie considérables pour le trafic en ligne !

